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Présentation du cours d’Eric Wenzel

samedi 19 avril 2008, par Hélène

L’histoire est-elle révionniste ? La pensée critique nécessaire au métier d’historien L’historien Emmanuel Leroy-Ladurie a pu écrire « qu’il n’est de bon historien que révisionniste ». Ces mots peuvent assurément surprendre le non initié à la recherche historique. D’emblée faut-il préciser que révionniste n’est pas négationniste, néologisme dû à un autre historien, Henry Rousso, spécialiste de la France de Vichy, pour qualifier ceux qui réfutent l’existence des chambres à gaz et plus généralement celle de l’ampleur de la Shoah. Réviser, c’est en l’occurence faire oeuvre de critique ; c’est, en matière de connaissance et de recherche historiques, savoir remettre en cause ce que les Anciens ont apporté à la compréhension du passé ; c’est également savoir couper avec une histoire dite officielle, parfois inconsciente et involontaire, mais qui existe pourtant bel et bien. Réviser, c’est aussi accepter de ré-apprendre ce que nous croyons certitudes acquises sur les bancs de l’école. Comme toute science humaine et sociale, l’histoire est une discipline vivante : s’en tenir à des pseudos acquis, c’est pour elle mourir donc disparaître, ne serait-ce que parce que la recherche historique est fille de l’époque des historiens qui la font exister. Rien n’est plus faux que les mots de Fénelon au XVIIe siècle : « Le bon historien n’est d’aucun temps, ni d’aucun pays ». Quid de l’objectivité de l’historien ? La critique est bien au coeur de la démarche de l’historien et de la science historique.