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Présentation de la conférence de clôture de Jean-Louis Sagot-Duvauroux (15 juin 2010)
dimanche 13 juin 2010, par
La modernité, un objectif impérial ?
"L’homme africain n’est pas suffisamment entré dans l’histoire" : cette assertion de Nicolas Sarkozy à l’université de Dakar a provoqué beaucoup de réactions indignées. Pourtant, elle est en phase avec une vision presque universellement partagée, vision typiquement "moderne", celle qui fait de l’histoire occidentale le vecteur unique de l’aventure humaine, vecteur dont l’Occident constituerait tout naturellement la pointe. Que les "sous-développés", les "en voie de développement" engagés dans le "développement", voire le "rattrapage" ne soient pas assez entrés dans l’histoire est contenu dans les dénominations même sous lesquelles on se représente leur destin politique et culturel. Si leur objectif historique est de rejoindre l’Occident, il n’y a rien d’incongru à souhaiter qu’ils le fassent plus vite et plus complètement. Le champ culturel et artistique est un des espaces où le concept historique de modernité est soumis à la question. Au début du siècle dernier, déjà, Marcel Duchamp pulvérise potentiellement le paradigme de l’art et de l’artiste tel qu’il s’est forgé depuis la Renaissance en signant comme "oeuvre d’art" un urinoir industriel. Aujourd’hui, la "coopération culturelle" s’épuise à faire entrer les pratiques cuturelles du Sud dans le brodequin usé des critères de la modernité occidentale. Jean-Louis Sagot-Duvauroux explore ces frictions à la lumière de son engagement dans la vie culturelle du Mali.