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Présentation du cours de Muriel Damon (2010) |
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Écrit par Webmestre
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27-02-2010 |
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Modernité et féminismeD’un point de vue historique,
l’ère moderne commence en 1453 avec la chute de Byzance ou en 1492 avec la découverte de l’Amérique et se
termine en 1789, date à laquelle débute l’ère contemporaine. Cependant le
concept de modernité apparaît en 1830 sous la plume de Th. Gautier et de
Baudelaire. On peut donc situer la modernité dans l’époque que les manuels
d’histoire nomment contemporaine et nous considérer encore comme des modernes
dans la mesure où nous sommes les héritiers d’une certaine façon d’appréhender
le devenir qui émerge à la Renaissance. La modernité, en dépit de son histoire
et de son rayonnement dans toutes les sphères de la société, me semble
étrangement cohérente. De l’opposition initiale du moderne au traditionnel appelant
le nouveau, on peut déduire les différentes caractéristiques de la
modernité : l’inversion du mythe de l’âge d’or révolu, la critique des
fondements traditionnels et religieux de la société, le culte de la raison, la
sacralisation de l’individu et la liberté comme fin ultime de l’histoire. La
modernité brise l’interdit du savoir au nom de la liberté et de l’égalité,
invite à manger le fruit de l’arbre de la connaissance, qui loin de nous
chasser du paradis, peut seul nous permettre de bâtir par nous-mêmes un monde à
la mesure de l’homme, libéré des tutelles. Tel est le credo de la modernité
magnifiquement exprimé par Marx dans la Contribution à la critique de la
philosophie du droit de Hegel :
« La critique de la religion détruit les illusions de l’homme pour qu’il
pense, agisse, façonne sa réalité comme un homme désillusionné parvenu à l’âge
de la raison, pour qu’il gravite autour de lui-même, c’est-à-dire de son soleil
réel. La religion n’est que le soleil illusoire qui gravite autour de l’homme
tant que l’homme ne gravite pas autour de lui-même ».La modernité a-t-elle pour autant
lavée la femme du châtiment la condamnant aux douleurs de l’enfantement et à la
domination masculine ? La femme moderne est certes dite
libérée. Mais deux questions se posent néanmoins :
- Première question. Pourquoi la
modernité a-t-elle été jusqu’en 1938 davantage répressive que libératrice à
l’égard des femmes ? Comment expliquer cette clôture de l’universalisme
rationaliste qui , tout en appelant chaque individu à exister de plein droit,
exclut paradoxalement les femmes ?
- Deuxième question. La femme, au
cours de la seconde moitié du XXè siècle, a conquis l’égalité juridique avec
l’homme, le mari, le père de ses enfants. Et pourtant les mécanismes de
différenciation sociale des sexes perdurent. Gilles Lipovetsky dans La
troisième femme remarque que « l’homme
reste associé prioritairement aux rôles publics et « instrumentaux »,
la femme aux rôles privés, esthétiques et affectifs ». Cette répartition
des rôles est-elle la survivance d’archaïsmes destinés à disparaître ?
N’est-elle pas plutôt une des manifestations de la postmodernité ?
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Dernière mise à jour : ( 27-02-2010 )
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