A 18h30 le mardi 17 février à l'université d'Avignon, nous retrouvons pour son deuxième cours Bernard Proust. Il continuera à parler des utopies totalitaires et de leur réalisation dans la catastrophe, en essayant d'en donner les causes internes avant de partir en anarchie (ou en anarquie) en parlant d'abord des contre-utopies, de Ernst Jünger en particulier, puis de Fourier et de Proudhon. Comment penser l'ordre sans le pouvoir ? Telle sera la question.
N'oubliez pas que les cours de Bernard sont accompagnés de séances de cinéma à Utopia. Ce lundi 16 février nous vous proposons de visionner : "Lost in la Mancha". Pour plus d'informations voir le site d'
Utopia.
A 20h00, le mardi, nous retrouverons Jean-Loup Héraud à la faculté des sciences. Dans la troisième et dernière séance de son cours, qui aura pour thème "Mettre le monde en rapport avec ce qu’il n’est pas" nous choisirons avec l’aide de Françoise Mazérat qui nous proposera des lectures d’extraits, de réhabiliter un auteur français de littérature fantastique Maurice Renard. Dans "Le Péril Bleu" (1912), drame fictionnel qui se passe dans le Bugey, l’auteur montre avec une rigueur hallucinante et fascinante la totale imbrication et compénétration du monde réel et d’un monde fictif invisible, le premier n’étant que l’inverse négatif (ou positif) de l’autre, ou encore sa contrepartie alternative. Le monde empirique souffre d’un manque radical quand il se croit suffisant : il ne signe que l’incapacité de l’homme à scruter la consistance et l’existence de mondes invisibles. De même que les mondes fictifs ne sont jamais que la projection et l’extension du monde réel, le monde réel n’est jamais que l’actualisation de l’un des mondes possibles.
Mais cet ouvrage est aussi l’occasion de penser sous forme métaphorique la question décisive de l’espace (et du temps) de transition posée par Jean Robert dans son cours : celle de la jonction et du croisement entre monde réel (existant) et monde possible (fictif ou utopique), et donc de l’actualisation du possible.
Telle est en conclusion la fonction de l’art sur l’utopie d’un homme ou d’un monde hybride : " L'art peut jouer un rôle important en suscitant une discussion culturelle sur ces sujets. En présentant des exemples tangibles de scénarios soumis à réfutation, l'art peut fournir un point de départ pour un débat philosophique et éthique élargi".
Nous proposerons par la suite une liste de romans et d’ouvrages de réflexion.
Pas de cours durant les vacances scolaires, mais vous pouvez en profiter pour lire les très belles synthèses, à la rubrique "les cours" de Laurent Derobert sur
les maths existentielles et de Philippe Mengue sur
Deleuze et la question de l'Utopie.