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Seance 28 (Mardi 6 Juin 2006) : " La démocratie face aux sources du droit du travail"
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Seance 27 (Mardi 30 Mai 2006) : "Les évolutions actuelles du droit du travail"
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Seance 26 (Mardi 23 Mai 2006) : "Droits de l'homme et droit du travail"
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Seance 25 (Mardi 16 Mai 2006) : "Le progrès technique détruit-il des emplois aujourd'hui ?"
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Seances 23 & 24 (Mardis 2 & 9 Mai 2006) : "Un témoignage sur Mai 1968 "
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Seance 18 (Mardi 14 Mars 2006) : "Organisation du travail & souffrance au travail"
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Seance 16 (Mardi 28 Février 2006) : "Organisation du travail & relation salariale"
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Seance 15 (Mardi 7 Février 2006) : "Transformation de l'organisation du travail : de l'époque moderne (XVIe siècle) à nos jours"
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Seance 12 (Mardi 17 Janvier 2006) : "Le travail interrogé par le mouvement des intermittents du spectacle"
Les intermittents du spectacle, en contestant la remise en cause de leur régime spécifique d’ASSEDIC, ne posent-ils pas des questions fondamentales sur ce qui a de la valeur aujourd’hui ? Sur notre relation au travail ? Et sur la relation travail-emploi-revenu ?
I- Tout d'abord : qu'est-ce qu'un "intermittent du spectacle" (IS) ?
IS, ce n'est pas un métier, une profession, un travail… C'est un régime particulier d'assurance-chômage : donc, ce ne sont pas les personnes indemnisées qui se définissent ainsi (elles se conçoivent plutôt comme des artistes ou des techniciens du spectacle…), ce sont les ASSEDIC qui vous "cataloguent" IS — ce qui vous donne alors droit à bénéficier de ce régime d'indemnisation. Ce dernier a été conçu, à l'origine, en 1936 (sous le Front Populaire) comme mode spécifique de financement des activités culturelles. Le paradoxe est donc le suivant : pour les ASSEDIC, l'IS est d'abord un chômeur qui doit justifier de ses droits aux allocations ; alors que pour lui-même, c'est un artisan, un artiste, un "travailleur" du spectacle…
II- Pourquoi la crise et le "mouvement des intermittents du spectacle" ? Le mode de calcul des indemnités est ubuesque, et il conduit souvent à des distorsions d'un IS à l'autre — des indemnités et des droits différents pour des situations comparables, ou inversement. Le régime des IS est donc absurde, injuste, mauvais, stigmatisant, inégalitaire et inéquitable. En outre, la convention qui définit le fonctionnement de ce régime est sans cesse renégociée, ce qui place les IS dans une brouillard complet — une incertitude quant à leur avenir qui renforce leur précarité. On devrait réfléchir à financer les activités culturelles autrement que sous la forme d'une assurance-chômage qui, de surcroît, n'est pas financée par l'ensemble des français (mais seulement par les salariés du secteur privé).
III- Comment les "intermittents du spectacle" vivent-ils leur situation ? La catégorie "IS" est hétérogène : elle rassemble des gens qui ne font pas le même métier, n'ont pas les mêmes problèmes, ne sont pas dans les mêmes situations économiques, sociales ou culturelles… D'où la difficulté à s'entendre pour une contre-proposition.IV- Les IS "abusent-ils" des ASSEDIC ? L'hétérogénéité de la catégorie "IS" fait que dans les pratiques des uns et des autres par rapport à ce régime, il y a toujours du légal ET de l'illégal, du moral ET de l'immoral, avec tous les croisements que l'on peut faire entre ces deux découpages.Au fond, l'un des problèmes fondamentaux posés par ce régime, c'est qu'il repose sur l'hypothèse que lorsqu'on n'est pas payé, on ne travaille pas !!! Cela met donc en lumière le caractère structurant du travail salarié et des relations marchandes dans notre société — que nous avons appelée ici la "centralité du travail". Or, dans le "travail" des "IS", il y a toujours une partie visible ET une partie invisible ; une partie consciente ET une partie inconsciente ; une partie rémunérée ET une partie non-rémunérée…
Bref, l'activité regroupe toutes formes de "travaux" (d'efforts ?) bien différents, mais seule la forme rémunérée et salariée est reconnue.Pour sortir de ces problèmes, ne faut-il pas financer les activités culturelles (au titre d'un "bien public" profitant à tous) autrement que par le biais d'un régime d'assurance-chômage ? Pourquoi pas l'idée d'une sorte de mutuelle pour la culture, financée à la fois par les acteurs et les usagers de la culture ? Un système à la fois plus autonome et plus équitable ?
Pour approfondir ces questions et mieux connaître l'actualité du mouvement des IS, on pourra utilement consulter le site de la Coordination des Intermittents & Précaires d'Ile-de-France : http://www.cip-idf.org.
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Seance 11 (Mardi 10 Janvier 2006) : "La figure post-moderne du travailleur "
Pas de résumé pour le moment, mais des références bibliographiques pour compléter le cours… A vos bibliothèques !
- - Platon, La République, traduction Chambry, Belles Lettres, Paris, 1959
- Aristote, Politique, traduction Aubenet, Belles Lettres, Paris, 1960
- Étienne de la Boétie, De la Servitude volontaire, Payot, Paris, 1976
- Spinoza, Éthique, livre 4 De la Servitude de l'homme et livre 5. De la Liberté de
l'homme, trad. Appuhn, Garnier, Paris, 1977
- Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique, Paris 1835
- Marx, Le Capital, livre 1, Éditions de la Pléiade, Paris, 1963
- Proudho/archive/telechargements et débats, par Pierre Ansart , Livre de poche, Paris, 1984
- Bakounine, OEuvres, Stock, Paris, 1895, 1980
- Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, La Nouvelle Idole, trad. Maurice Betz,
Gallimard, Paris, 1937
- Ernst Jünger, Le Travailleur, Christian Bourgois, Paris, 1989
- Ernst Jünger, Le Traité du Rebelle, Christian Bourgois, Paris, 1981
- Marshall Sahlins, Âge de pierre, âge d'abondance, Gallimard, 1972
- Gilles Deleuze et Michel Foucault, Les Intellectuels et le pouvoir, in L'Île déserte,
l'Arc, n° 49, 1972
- Pierre Clastres, La Société contre l'État, chapitre 11, Minuit, Paris, 1978
- Claude Lefort, La Logique totalitaire, in L'Invention démocratique, Fayard, Paris,
1981
- Cornelius Castoriadis, Quelle démocratie ?, in Figures du pensable, Seuil, Paris,
1999
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Seance 10 (Mardi 03 Janvier 2006) : "Travail & Liberté"
D'Aristote à Marx, travail et liberté s'opposent et, d'une façon ou d'une autre, l'organisation (politique) des sociétés situe l'une et l'autre, l'une par rapport à l'autre, en des lieux, en des temps différents pour les uns et pour les autres.
Les sociétés du "tout travail" que sont les totalitarismes (comme la société marchande, dans la mesure où elle ramène toute activité humaine au travail-marchandise, c'est-à-dire au travail salarié) excluent la liberté comme pouvoir sur soi — quand elles ne l'identifient pas au travail (Arbeit macht frei) —, la liberté devenant pouvoir sur autrui, ou se réduisant au libre choix (au "libre service") des consommateurs et des citoyens.
La liberté, le pouvoir que chacun a sur soi, ne se trouve plus qu'ailleurs, en dehors, dans la résistance, ou dans le bouleversement politique et l'invention, l'institution de libertés mutuelles.Pour compléter ce cours, on peut se référer aux textes suivants de Marx, de Toqueville, ou encore de Jünger (cliquez pour télécharger ces textes au format pdf).
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Seance 7 (Mardi 29 Novembre 2005) : "Faut-il travailler pour être heureux ?" — Partie 2 : "La variété des situations"
Ce cours propose de donner quelques aperçus des résultats de l’enquête « Travailler pour être heureux ? » présentée lors de la séance précédente. Ces grandes lignes ne prétendent pas à l’exhaustivité mais permettent de mettre en lumière la variété des conceptions du bonheur et du travail, la diversité des rapports au travail, notamment selon la profession et la catégorie socioprofessionnelle (PCS), la trajectoire personnelle et le sexe des personnes interrogées.
I- Bonheur d’avoir un travail ou bonheur de faire son travail : une distinction de classe
1- Le travail : condition ou composante du bonheur ?
« Qu’est-ce qui pour vous est le plus important pour être heureux ? ». Parmi ceux qui évoquent le travail en réponse à cette question, tous n’emploient pas les mêmes termes et ne considèrent pas le rapport entre travail et bonheur de la même manière. Ceux qui occupent les professions les plus valorisées socialement, les mieux rémunérées et les plus stables parlent du plaisir qu’ils ont à faire leur métier, à être au travail, de l’équilibre personnel qu’ils y trouvent. Le travail est alors une composante du bonheur.Ceux qui occupent au contraire les professions les moins valorisées, les moins rémunérées, ceux qui sont dans les situations les plus précaires et les chômeurs parlent du bonheur d’avoir un travail, ou un boulot, et finalement souvent d’avoir de quoi vivre. Le travail est ici la condition du bonheur au sens où il permet d’accéder à un statut économique et social.
2- Les sources de plaisir au travail
Quatre sources principales de plaisir au travail peuvent être dégagées des réponses des personnes interrogées :
- 1 - le contact avec autrui (réponse la plus fréquente dans la plupart des PCS) ;
- 2 - le fait d’aider autrui ;
- 3 - la possibilité de créer, transformer, de maîtriser une technique ;
- 4 - l’opportunité de voyager, de découvrir.
On doit souligner que les deux premières réponses présentent les relations sociales comme des sources de plaisir propres au travail, qui ne se retrouvent pas ailleurs. La vie sociale des individus se limiterait donc aux rencontres dans le cadre de l’activité professionnelle. Cela remet évidemment en cause nombre d’analyses présentant les loisirs ou la vie associative comme les nouveaux vecteurs du lien social…
II- Bonheur au travail et trajectoires sociales
1- Projets accomplis ou contrariés
Quelle que soit la profession exercée, le bonheur au travail est étroitement lié aux attentes initiales des acteurs. Selon l’activité de leurs parents, les études qu’ils ont suivies, le métier qu’ils envisageaient de faire avant leur entrée dans la vie active, les individus ne vont pas s’épanouir de la même manière au travail. Les uns auront le sentiment d’une réussite et d’un accomplissement personnels, tandis que les autres connaîtront frustrations et sentiment de déclassement.
2- Parents et enfants : un bonheur partagé ?
Les raisons pour lesquelles on peut souhaiter que ses enfants fassent, ou non, le même métier que soi sont extrêmement variées. Ceux qui ne s’estiment pas heureux au travail peuvent cependant fort bien souhaiter la même profession à leurs enfants (pour la valorisation du travail accompli par les parents chez les indépendants, parce que même un travail des plus pénibles ou dégradant est préférable au chômage chez certains ouvriers et employés). Inversement, ceux qui trouvent du bonheur au travail ne souhaitent pas forcément que leurs enfants fassent le même métier (notamment au nom de la liberté de choix des enfants chez les enseignants et professions libérales, ou parce que les parents sont en attente d’une trajectoire sociale intergénérationnelle ascendante).
III- Satisfactions masculines et féminines au travail
1 - L’insatisfaction féminine quant aux horaires
Globalement, les niveaux de satisfaction et d’insatisfaction face au travail sont similaires chez les hommes et les femmes. Mais dans le détail, les motifs de satisfaction divergent. Ainsi, à horaires similaires, les femmes se disent en moyenne plus mécontentes que les hommes de leur emploi du temps. Plus exigeantes que leurs collègues masculins, elles souffrent davantage qu’eux des contraintes que le travail fait peser sur leur vie familiale notamment.
2 - L’insatisfaction masculine quant aux revenus
En revanche, les hommes se disent beaucoup plus souvent que les femmes insatisfaits de leurs revenus. On le sait pourtant, ils gagnent en moyenne bien mieux leur vie que les femmes, y compris à niveau de diplôme égal et profession égale. Mais ici les femmes semblent moins exigeantes : le revenu n’est pas une source de satisfaction essentielle pour elles qui valorisent plutôt l’équilibre personnel, les relations, la reconnaissance sociale. De plus elles semblent avoir parfaitement intériorisé l’idée que leur salaire ne serait qu’un salaire d’appoint et que l’entretien du foyer revient avant tout à l’homme. Enfin, elles estiment beaucoup moins souvent que leurs collègues masculins être « indispensables » ou « irremplaçables » dans leur travail. D’où des exigences moins élevées en matière salariale…Ce parcours de quelques aspects de l’enquête sur ce qui fait la satisfaction / l’insatisfaction, le plaisir / le déplaisir, le bonheur / le malheur au travail laisse apparaître une grande variété de situations qui interdit sans doute de parler du rapport au travail, de la conception du bonheur et de la conception du travail au singulier. Mais surtout, une tension se dessine de manière de plus en plus nette dans notre société : d’un côté le travail semble essentiel au bonheur, de l’autre de plus en plus de personnes entretiennent un rapport malheureux au travail, surtout en raison de la dégradation des conditions de travail. Or cette tension semble bien difficile à résoudre dans une société où s’affirme plus que jamais la centralité du travail comme modalité d’intégration, de reconnaissance sociale, de définition des identités individuelles et collectives.
Pour aller plus loin :
- Christian Baudelot et Michel Gollac, Travailler pour être heureux ?, Paris, Fayard, 2003 et les premiers résultats de l’enquête dans INSEE première, n°560, décembre 1999.
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Seance 6 (Mardi 22 Novembre 2005) : "Faut-il travailler pour être heureux ?" — Partie 1 : "Des regards contradictoires ?"
Les séances précédentes ont permis de mettre en lumière la centralité du travail dans les sociétés occidentales contemporaines et les débats philosophiques et politiques que pouvait susciter cette société de travailleurs. Mais si les manières de penser, les identités individuelles et collectives, la définition de la plupart des activités humaines se construisent en référence au travail, peut-on pour autant voir dans celui-ci une source de satisfaction, d’épanouissement, de réalisation de soi, et finalement de bonheur ?
I- Un débat ouvert par les philosophes des Lumières
1- Le bonheur dans et par le travail : une idée nouvelle
Alors que le travail apparaît dans la philosophie classique comme une activité vile, dégradante, dans laquelle l’Homme ne fait que se plier à des nécessités biologiques, nombre de philosophes et penseurs du XVIIIe siècle s’attachent à le présenter comme une activité offrant épanouissement et bonheur. Il permet de lutter contre l’oisiveté (avilissante), de se procurer un revenu, de nouer des relations sociales, de créer (Helvétius notamment). Denis Diderot est l’un des rares à considérer alors le travail comme une peine, une souffrance, une activité qui use les corps prématurément. C’est à cette époque que sont posés les termes d’un débat encore actuel sur le travail présenté tantôt comme facteur d’épanouissement, tantôt comme souffrance et aliénation.
2- Eléments d’explication
L’idée que le travail puisse procurer du bonheur semble naître en partie de la position qu’occupent la plupart de ces philosophes et penseurs dans l’espace social. Issus de la bourgeoisie, il doivent leur situation au travail (le leur et celui des autres) quand d’autres la doivent à leur naissance (noblesse).Il faut sans doute aussi mentionner ici la volonté de ces auteurs de s’opposer à une vision du monde proposée par l’Eglise, vision dans laquelle le bonheur n’est véritablement accessible que dans l’Au-delà. Les philosophes des Lumières s’attachent à construire un système de pensée dans lequel le bonheur se construit ici et maintenant (la vie terrestre) dans le cadre de diverses activités, dont le travail fait partie.
II- La variété des messages sociaux sur le rapport travail / bonheur
1- Une multitude d’injonctions sociales sur le travail
Dès le plus jeune âge, les individus sont soumis à une multitudes de messages et d’injonctions concernant le travail. Ils passent tant par la littérature enfantine, les jeux, l’école, que par la publicité, les médias d’information, les émissions de divertissement, les films, les romans, ou encore la chanson. Au cours de sa socialisation, l’individu intériorise une conception et des représentations du travail propres à la société dans laquelle il vit.
2- Le travail en chansons
Cependant, comme peut le montrer l’étude de quelques chansons, ces représentations sont loin d’être homogènes. Certes, certaines montrent un travail épanouissant, exaltant, passionnant et source de bonheur. Mais la plupart des chansons associent plutôt le travail à la contrainte, la répétitivité, la dangerosité, l’exploitation, l’aliénation, la misère… Toutes cependant ne sont pas composées dans le même objectif et ne parlent pas du même travail. On entrevoit déjà ici la complexité du rapport entre bonheur et travail et ses variations d’un groupe social à l’autre.
III- Appréhender le rapport travail / bonheur avec des outils sociologiques
1- Le bonheur : une notion ignorée des sociologues
Si l’on parcourt les travaux de sciences sociales, le bonheur ne semble pas être une notion sociologique. Sans doute peut-on l’attribuer en partie aux conditions de naissance et de développement de la sociologie, notamment en France. La légitimité de cette nouvelle discipline va largement se fonder à la fin du XIXe siècle sur sa capacité à mesurer les phénomènes observés et à les expliquer par des corrélations statistiques. Il est dans ces conditions bien difficile de questionner le bonheur. Lorsque le terme est employé, c’est surtout pour contrer des théories faisant de la recherche du bonheur un élément explicatif des évolutions socio-économiques (cf Durkheim dans De la division du travail social).
2- Les modalités de l’enquête de C. Baudelot et M. Gollac sur le bonheur au travail
Questionner le bonheur est donc l’une des originalités de l’enquête menée par Christian Baudelot et Michel Gollac entre 1996 et 1999. Il s’agit de comprendre le rapport au travail qu’ont les Français à partir d’une enquête quantitative (questionnaires administrés à un échantillon représentatif composé de 6000 personnes) et d’entretiens visant notamment à éclairer les réponses au questionnaire.Les réponses à la première question de l’enquête permettent déjà de confirmer l’intérêt de cette étude. Les personnes interrogées ignorent alors le thème de l’enquête et doivent se prononcer sur cette question : « Qu’est-ce qui pour vous est le plus important pour être heureux ? ». 27% des personnes évoquent ici le travail, faisant de celui-ci le 2e élément de réponse après la santé.Pour aller plus loin :
- Christian Baudelot et Michel Gollac, Travailler pour être heureux ?, Paris, Fayard, 2003 et les premiers résultats de l’enquête dans INSEE première, n°560, décembre 1999
- Emile Durkheim, De la division du travail social, Paris, PUF, 1930 (1ère édition)
- Site du hall de la chanson : www.lehall.com
- Séance 5 (Mardi 15 Novembre 2005) : "Demain : la fin du travail ?".
Hier, les civilisations du passé ne semblaient pas accorder au travail la place centrale que les sociétés occidentales lui donnent, volontairement ou non, aujourd'hui (voir cours précédents). Et demain ? Assistera-t-on à un renforcement de cette évolution ? Notre "société de travailleurs" sera-t-elle de moins en moins une exception à l'échelle historique ? Ou bien, au contraire, devrait-on connaître prochainement la "fin du travail" ? C'est parce que cette dernière hypothèse apparaît comme la plus surprenante, voire la plus choquante ou la plus farfelue (pour certains d'entre nous au moins), que j'ai choisi de présenter les réflexions de quelques auteurs qui vont dans ce sens.En fait, la "fin du travail" peut signifier deux choses bien différentes. Cela peut vouloir dire que le travail va inéluctablement se raréfier et tendre à disparaître : la fin du travail serait alors une fatalité que nous subirions, qu'on le veuille ou non, et dont on pourrait éventuellement aténuer les effets négatifs en accompagnant ces évolutions. Mais cela peut aussi signifier, ce qui est alors très différent, que nous devons tout faire pour remettre en cause la centralité du travail : la fin du travail ne signifie pas alors que les hommes ne travailleront plus demain, mais qu'ils devraient moins travailler et apprendre à laisser plus de place à l'œuvre comme à l'action — voire aux activités contemplatives de l'esprit. Je présenterai donc succinctement deux auteurs ayant plutôt parlé de la fatalité de la fin du travail à proprement parler (I), puis deux autres qui ont réfléchi sur la nécessité politique de remettre en cause la centralité du travail (II)
.I - La fatalité de la fin du travail :
Même si leurs réflexions sont sensiblement de nature différente, Viviane FORRESTER et Jeremy RIFKIN se rejoignent sur l'inélucabilité de la raréfaction du travail qui est actuellement en marche.
1 - "L'horreur économique" de Viviane FORRESTER :``Sur la base d'une "analyse" économique parfois assez légère, mais avec une réelle force de conviction, l'auteur tente de montrer que cette "fin du travail" est une horreur à laquelle nous ne savons pas faire face... Paradoxe : ce qui devrait être une bonne nouvelle a priori s'avère être une catastrophe dans une société où chacun dépend du travail pour vivre, avoir une place, être valorisé et en tirer l'essentiel de ses revenus. Elle ne propose pas vraiment de solution, mais elle a le mérite de ne pas vouloir se soumettre au "chantage à la solution" : ce n'est pas parce qu'on ne sait pas comment faire, qu'il faut s'interdire de penser de manière critique aux problèmes de sont temps.
2 - "La fin du travail" de Jérémy RIFKIN : Toujours très critiquée par de nombreux économistes (orthodoxes ?), l'analyse de RIFKIN est tout de même bien plus solide sur le plan de l'argumentation économique (c'est sa spécialité). Pour arriver à la même conclusion que FORRESTER, il s'appuie cependant sur une réflexion critique des mécanismes ("effet de percolation" ; "théorie du déversement") que les économistes mettent généralement (et ce, depuis longtemps) en avant pour remettre en cause l'idée que les progrès et la technologie sont destructeurs d'emploi. Et son argumentation n'est pas ridicule : ces effets théoriques ont longtemps fonctionné, dit-il, mais ne marcheraient plus à présent, et c'est pourquoi on assisterait fatalement à une diminution de la quantité de travail nécessaire dans le monde. Son livre est d'ailleurs truffé d'exemples très interessants de la manière dont les nouvelles technologies détruiraient des emplois par millions partout dans le monde… Autre différence importante avec l'auteur précédent : RIFKIN propose des solutions pour faire face à cette "fin du travail".
- Réduire drastiquement et durablement la durée du travail : pour partager le travail restant et libérer du temps permettant de répondre aux nouveaux besoins que ni le marché, ni l'Etat ne peuvent correctement satisfaire.
- Mettre en place un "revenu social" permettant de découpler partiellement le revenu de la nécessité de travailler.
- Aider au développement du "tiers secteur" de l'économie sociale (but non lucratif : ni privé, ni public), qui peut répondre à certains nouveaux besoins.
Ainsi, pour RIFKIN, si la fin du travail est une fatalité, nous avons la possibilité de chercher à transformer cette évolution dans un sens souhaitable pour l'amélioration du sort de l'humanité, mais cela nécessiterait une réelle volonté politique. En cela, il permet une bonne transition vers les deux auteurs suivants…
II - La nécessité de remettre en cause la centralité du travail :
Les auteurs qui s'inscrivent dans cette perspective pensent au contraire qu'il est — et sera toujours — possible d'étendre à l'infini la sphère du travail et de la logique économique dominante à de nouvelles activités. Cela reviendrait à soumettre progressivement toutes les activités humaines aux lois économiques et marchandes. Si c'est possible, cela veut donc dire que la fin du travail n'a rien d'inéluctable pour eux. En revanche, ils considèrent que ce n'est pas souhaitable, et qu'il faut se donner les moyens d'éviter ces évolutions : une politique de long terme permettant de remettre en cause la centralité du travail.
1 - "Les métamorphoses du travail" d'André GORZ : GORZ (c'est un pseudonyme) veut montrer comment le travail et la raison économique ont su s'imposer dans notre civilisation, notamment depuis le XIXème siècle. Mais cela crée souvent des ravages pour les êtres humains, et cette évolution ne leur permet pas, contrairement à ce qui est souvent affirmé, d'accéder à l'autonomie et à la réalisation de soi. Aujourd'hui, de nouveaux emplois peuvent ainsi être créés par millions, mais ce sont pour l'essentiel des emplois de "service à la personne", créant en quelque sorte des nouveaux domestiques, des emplois "serviles". Pour GORZ, cela ne peut rien apporter de bien à ceux qui occuperaient de tels emplois ni même à ceux qui bénéficient de leurs services, et il vaut mieux permettre à chacun de réaliser ses tâches domestiques soi-même, et libérer du temps pour se consacrer à des activités non-marchandes, hors de la sphère du travail (relevant notamment de l'œuvre au sens de H. ARENDT). A cette fin, il propose de mettre en place une politique de réduction massive et durable du temps de travail, et de créer un véritable revenu de citoyenneté, découplé du travail.
2 - "Le travail, une valeur en voie de disparition" de Dominique MEDA :Elle rejoint GORZ comme ARENDT sur de nombreux points. Les intérêts majeurs de son livre sont surtout, d'une part, de montrer à quel point notre société de travailleurs n'est absolument pas une nécessité historique ou anthropologique ; et d'autre part, de critiquer "l'idéologie du travail" contemporaine en montrant avec brio ses limites. L'originalité de sa réflexion : montrer qu'une réduction du temps de travail est nécessaire mais non suffisante pour sortir de la centralité du travail ; insister surtout sur le fait que si l'homme arrivait à se libérer du travail (tout en continuant à travailler, bien sûr), cela lui permettrait de se réinvestir dans la cité (ce dont il a tant besoin) en "réinventant la politique" ! Ainsi, MEDA complète et enrichit l'approche de GORZ : tous deux s'entendent sur la nécessité de remettre en cause la centralité du travail et de la raison économique et d'en faire l'objet d'un véritable projet politique de long terme (difficile, mais possible) ; mais si GORZ entend surtout en profiter pour développer le temps consacré à l'œuvre, MEDA s'oriente plutôt vers la revalorisation de l'action dans la cité. Pour ces auteurs contemporains, être libéré du travail (tout au moins de sa centralité) n'a pas pour objectif de ne plus rien faire et de se consacrer aux "loisirs" ou à la consommation passive… On trouve notamment dans leurs réflexions une certaine volonté de (re)valoriser le goût de l'effort, à condition que cet effort se porte prioritairement vers l'œuvre ou l'action plutôt que vers le travail.
C'est peut-être ce qui les distingue le plus de certaines idées de Mai 1968 qui voulaient certes remettre en cause cette société du travail et de la consommation, mais pour valoriser une sorte de jouissance immédiate et sans effort : est-on plus sage aujourd'hui, ou bien est-ce là juste un signe des temps ?
Pour aller plus loin :
- Viviane FORRESTER : « L'horreur économique », Fayard, 1996.
- André GORZ : « Métamorphoses du travail — Critique de la raison économique ». Folio-Essais, 1988.
- André GORZ : « Misères du présent, richesse du possible ». Galilée, 1997.
- Dominique MEDA : « Le travail : une valeur en voie de disparition », Champs-Flammarion, 1995.
- Jeremy RIFKIN : « La fin du travail », La découverte, 1996.
- Séance 4 (Mardi 08 Novembre 2005) : "Les differentes sortes d'activités humaines : le Travail, l'Œuvre et l'Action".
Notre « société de travailleurs » (cf. séance n°2) ne nous aveugle-t-elle pas lorsqu’elle nous fait croire que le travail épuise à lui seul l’ensemble des activités humaines possibles ? Nous savons pourtant (cf. séance n°3) qu’il existe (ou du moins qu’il a pu exister) d’autres civilisations, où l’homme travaille, certes, mais où le travail n’est pas central. Quelles sont donc les différentes sortes d’activités, toutes indispensables à l’être humain, qui ne se résument pas au seul travail ? Selon Hannah Arendt, le travail doit être distingué de l’œuvre et de l’action ; et il est même potentiellement dangereux de confondre ces différentes sortes d’activités. Pour présenter cette stimulante réflexion (II), il faut d’abord situer synthétiquement la portée globale de l'œuvre de cette philosophe du 20ème siècle (I).
I - Introduction synthétique à l’œuvre d’Hannah Arendt
Repères biographiques (1906-1975) et bibliographiques. Un auteur très critiqué et controversé de son vivant… Problématique centrale : est-il possible de comprendre ce qui a rendu possible ces 2 évènements (uniques dans l’histoire de l’humanité) que sont les systèmes totalitaires (à distinguer des dictatures) et la Shoah (organisation rationnelle et industrielle de l’élimination de millions de victimes innocentes) ?Réponse : c’est la modernité elle-même qui a rendu tout cela possible (condition nécessaire, mais non suffisante), car elle est potentiellement totalitaire. On peut présenter son raisonnement en 3 temps :
- La modernité procède de « l’invention du social » : inversion de la hiérarchie des valeurs ; invasion des préoccupations privées dans le domaine public ; disparition du domaine public et du domine privé qui s’amalgament dans le « social »…- La modernité réalise la « fiction communiste » de Marx (et des libéraux !) : société de travailleurs sans classe ; extinction progressive du politique au profit d’une autorégulation du social.- C’est cela qui rend le totalitarisme et les génocides possibles : répandre le mal d’une manière « banale », sans que personne ne se sente responsable personnellement ; considérer des humains comme « superflus ».
II - Le Travail, l’Œuvre, l’Action :
Dans l'Antiquité, on distinguait tout d'abord deux aspects de la vie humaine : la vie contemplative (repos du corps et activité de l’esprit) et la vie active. Cette dernière comprend d’abord l’Action, puis l’Œuvre, enfin le Travail. 1 - L’action : la seule activité humaine qui mette directement les hommes en relation sans intermédiaire (la parole ; l’action politique…). Ses caractéristiques essentielles sont :
- Domaine concerné : domaine public.- Temporalité : longue (possibilité pour l’homme d’accéder à une forme d’immortalité).- Réalisation de soi : possible, car seule l’action rend (vraiment) libre.- Autonomie : totale.
2 - L’œuvre : activité qui met les hommes en relation par le biais d’objets artificiels (un livre, un spectacle, une œuvre…). Ses caractéristiques essentielles sont :
- Domaine concerné : domaine public ou privé.- Temporalité : longue (l’objet peut survivre à son auteur).- Réalisation de soi : possible, car l’œuvre peut être personnelle.- Autonomie : possible, car maîtrise de l’ensemble du processus de fabrication de l’œuvre.
3 - Le travail : activité qui correspond à la nature biologique des hommes, en travaillant, ils peuvent être mis en relation entre eux par le biais de la nature qu’ils tentent de transformer pour répondre à leurs besoins. Ses caractéristiques essentielles sont :
- Domaine concerné : domaine privé.- Temporalité : courte (l’objet est produit pour être consommé et donc détruit ; éternel recommencement du cycle production-consommation).- Réalisation de soi : non, car le travail est impersonnel et peut être dénué de sens.- Activité hétéronome et aliénante…
Aujourd’hui, on a trop souvent tendance à tout réduire à du travail (l’homme politique, l’artiste, le professeur, le bénévole, les parents dans le cadre domestique, travaillent !). C’est selon Hannah Arendt, le signe d’une modernité qu’elle critique et dont elle cherche à nous montrer la dangerosité potentielle. Ne pourrait-on pas, sans les refuser ni nier leur intérêt, remettre simplement le travail et les activités économiques à leur place ?
Pour aller plus loin :
- Hannah ARENDT : « Les origines du totalitarisme ». 3 Tomes, Le Seuil, Point.
- Hannah ARENDT : « Condition de l’homme moderne ». Agora Pocket.
- Hannah ARENDT : « Eichmann à Jérusalem : rapport sur la banalité du mal ». Folio-essais.
- Hannah ARENDT : « Responsabilité & Jugement ». Payot 2005.
- Bernard STIEGLER : « Aimer, s’aimer, nous aimer — Du 11 Septembre au 21 Avril ». Galilée, 2003.
- Bernard STIEGLER : « Constituer l’Europe ». 2 Tomes, Galilée, 2005.
Séance 3 (Mardi 18 Octobre 2005) : "Le travail constitue t-il l’activité humaine par excellence ? "
Une mise en perspective est proposée au travers d’exemples d’autres civilisations que la nôtre, où l’on travaille, certes, mais où le travail n’est pas central : civilisations « primitives », civilisation de l’Antiquité Grecque, civilisation du moyen âge de l’occident chrétien.
I - Civilisations « primitives »
- Pas d’économie au sens contemporain du terme : une société d’abondance (relative)
- Des besoins matériels limités au strict minimum : peu de travail nécessaire pour les satisfaire
- Le travail est « encastré » dans des logiques culturelles et collectives jugées bien plus importantes
II - Civilisation de l’Antiquité Grecque
L’homme cherche à se distinguer du règne animal : passion pour le langage, la raison, la politique et la philosophie.L’homme est capable d’avoir des activités qui ne sont pas directement nécessaires : c’est précisément ce qui fait de lui un homme.Une distinction est alors faite entre le domaine privé et le domaine public :
- Le domaine privé : c’est par essence celui de l’économie (Oïkia-Nomos, c’est-à-dire l’ensemble des règles et des tâches qui régissent le foyer domestique). Le travail est associé à ce domaine : il participe de la nécessité biologique de satisfaire des besoins matériels. C’est là où s’exerce le règne de la nécessité et de la contrainte — les hommes y sont donc « privés » de la liberté qui fait d’eux des êtres humains.
- Le domaine public : seuls les citoyens propriétaires (qui ont un domaine privé) peuvent participer à la vie publique. L’espace public est considéré comme central. C’est ici que se réalise l’homme : il y trouve son humanité car cet espace éloigne de la nécessité, permet l’exercice de la liberté, rend possible l’action héroïque et la recherche du « beau »…
III - Civilisation du moyen âge
- Les Chrétiens du moyen âge sont plus négatifs que les civilisations de l’Antiquité. Ils considèrent le travail comme une punition divine (voir la Genèse). Le travail n’est donc que souffrance : étymologiquement, une torture (« tripalium ») infligée à l’être humain parce qu’il a voulu goûter au « fruit de la connaissance »…
- Au fur et à mesure le travail sera progressivement perçu comme une manière d’expier le pêché originel. D’où une tolérance qui deviendra plus grande avec le temps…
- En revanche, tout ce qui se rapporte aux activités économiques et commerciales est a priori suspect (risque de pêcher par vénalité, de trop s’attacher aux choses matérielles…).
- La prière, l’action chevaleresque, la politique et la guerre sont considérées comme les activités humaines par excellence : le « bon chrétien » du moyen âge ne travaille pas…
Nous sommes donc très loin de ces civilisations qui nous ont précédées quant à la place que nous accordons au travail, à l’économie et à la consommation. Cela montre d’une part que le travail n’est pas nécessairement l’activité humaine par excellence et que, d’autre part, il a longtemps été possible aux hommes de vivre dans des sociétés où le travail n’est au mieux qu’une activité subalterne.
Pour aller plus loin :
- Hannah ARENDT : « Condition de l’homme moderne ». Agora Pocket.
- Dominique MEDA : « Le travail. Une valeur en voie de disparition ». Champs-Flammarion.
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Séance 2 (Mardi 11 Octobre 2005) : "Notre civilisation : « une société de travailleurs » ?"
Une définition est esquissée :
- Une société de travailleurs ne veut pas dire une société où l’on travaille (car les hommes travaillent dans toute société), mais une société où le travail est l’élément structurant de la vie individuelle et sociale : il y a centralité du travail.
- Une société de travailleurs est aussi une société du tout économique et une société de consommateurs.
Deux points sont abordés.
I - Quelles vertus prête t-on au travail aujourd’hui ?
- Source de richesses
- Source de libération
- Source du lien social
- Il permet à l’individu de se réaliser.
II - Pourquoi la centralité du travail ?
Deux perspectives :
- Evolution historique des faits :
- Apparition des prémisses de la centralité du travail au moyen âge
- La montée en puissance de la Bourgeoisie et de ses valeurs finira par donner au travail et à la richesse une place centrale.
- Au 16ème – 17ème siècle la notion d’économie politique voit le jour avec le traité de Montchrestien (1615) : ou comment utiliser l’économie pour la mettre au service de la politique.
- Evolution historique des idées :
Trois auteurs clefs qui permettent d’abord de valoriser le travail, puis de le glorifier :
- Adam Smith (fin 18ème) : les notions de richesse et de marchés libres et non contraints, de division internationale du travail, sont développées. La richesse est définie à présent comme une quantité de choses commodes dont nous pouvons disposer (rapport à la consommation et aux besoins). Le travail étant source de richesse pour Smith il donne à ce dernier une valeur positive.
- Friedrich Hegel (début 19ème) : il va faire du travail la condition de la réalisation de soi. Le travail devient une catégorie « anthropogène » (c’est à dire une condition nécessaire pour devenir un homme).
- Karl Marx (deuxième moitié du 19ème) : il va aller encore plus loin dans la glorification du travail. L’homme est la seule espèce qui travaille, il humanise la nature en la dominant par son travail. La manière dont les hommes travaillent (modes de production) détermine « les infrastructures sociales » et l’évolution historique de l’humanité. S’il critique les effets du travail dans la société capitaliste, ce n’est pas pour aller à l’encontre du travail mais du capitalisme qui le pervertit et qui l’aliène. La société communiste sera d’ailleurs « une société de travailleurs » parfaite : l’homme ne sera pas libéré du travail mais c’est le travail qui sera libéré.
Pour aller plus loin :
- Hannah ARENDT : « Condition de l’homme moderne ». Agora Pocket.
- Robert CASTEL : « Métamorphoses de la question sociale. Chronique du salariat ». Folio-Essais.
- Dominique MEDA : « Le travail. Une valeur en voie de disparition ». Champs-Flammarion
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Séance 1 (Mardi 4 Octobre 2005) : Présentation de l'UPA
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Jean-Robert ALCARAS a présenté les principes et les valeurs essentielles de l'UPA, ainsi que l'association qui l'organise et ses membres fondateurs.
Il a ensuite replacé cette expérience dans le contexte actuel (développement des UP de 3ème génération) et historique (depuis les premières UP sous la IIIème République).
Références :
Lucien Mercier : "Les Universités Populaires : 1899-1914" (Editions ouvrières 1986)
Michel Onfray : "La communauté philosophique - manifeste pour l'université populaire" (Galillée 2004).
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| Voir plus de photos et écouter des extraits du premier cours (son ou vidéo). |
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