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Deux thèmes seront proposés cette année :

Présentation du thème de la série de cours consacrée à « La Liberté »

Dans nos sociétés occidentales contemporaines, nous avons souvent tendance à nous vanter très facilement (« sans autre forme de procès », comme l’aurait dit La Fontaine) du caractère libéral et démocratique de nos systèmes politiques. En outre, la liberté y est souvent entendue comme un concept évidemment positif, sans ambiguïté et bénéfique…

  • Sans ambiguïté, la liberté ? Ce n’est pas si sûr ! Pour s’en convaincre, il suffit peut-être d’évoquer les conceptions radicalement opposées qui s’en réclament — des différentes formes de « libéralisme » (pouvant aller jusqu’au mouvement des « libertarians » américains)… aux multiples versions possibles du libertarisme, en passant par toutes les variantes de l’esprit libertin ou libertaire ! Ainsi, par exemple, le mot « libéral » qualifie plutôt une politique de droite en Europe (et surtout en France) ; alors qu’aux USA, les « libéraux » sont plutôt à gauche sur l’échiquier politique… Il faut donc, pour y voir un peu plus clair, se poser la question : de quelle(s) liberté(s) parle-t-on ?
  • Toujours et nécessairement bénéfique, la liberté ? Etienne de la Boétie, en lançant sa fameuse formule : « Soyez résolus de ne plus servir, et vous voilà libres ! », semblait en effet le considérer, tout en rajoutant que la liberté — ou son contraire, la servitude — est simple à obtenir : il suffirait de la vouloir. A l’inverse, Lacordaire ne disait-il pas : « Entre le fort et le faible, la liberté opprime et le droit libère » ? Cette phrase suggère alors que le droit — qui est difficile à construire, à mettre en œuvre et à faire respecter — pourrait libérer les plus faibles de… la liberté ! Limiter et réglementer les libertés des citoyens pour qu’ils soient plus libre : il fallait y songer et ce programme n’est pas trivial ; toute liberté ne serait alors pas bonne à prendre, et il ne suffirait pas de la vouloir pour la posséder… Là encore, on doit se demander : de quelle(s) liberté(s) parle-t-on ?

Dans notre monde, qui se dit « libre » — et cela reste toujours à discuter —, le concept de liberté se présente donc souvent comme une évidence et comme une valeur en soi, qui ne mériterait pas de réflexion supplémentaire : c’est un peu comme si on nous disait, en filigrane, « la liberté, vous l’avez, vous en faites l’expérience chaque jour et vous en êtes satisfaits… ce n’est donc pas la peine d’en discuter et de philosopher pendant des heures ! ». Et pourquoi pas ? Il n’est jamais mauvais de réfléchir durant des heures, surtout sur la liberté (un concept qu’on a tant chéri et tant rêvé durant tant de siècles), et surtout à une époque où tout va (trop) vite et où le temps de la réflexion semble toujours être subalterne par rapport au temps de l’action et surtout de l’efficacité économique. René Descartes (dans « Le discours de la Méthode » en 1637) ne nous conseillait-il pas « de ne recevoir aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle, c’est-à-dire d’éviter soigneusement la précipitation et la prévention, et de ne comprendre rien de plus en mes jugements que ce qui se présenterait si clairement et si distinctement à mon esprit que je n’eusse aucune occasion de la mettre en doute » ?

Au-delà des incantations et des pétitions de principe, que peut-on (encore) dire et penser aujourd’hui sur cette fameuse liberté ? Que peut-on retenir de ce que les anciens disaient à ce sujet ? Les hommes sont-ils faits pour la liberté ? Savent-ils l’assumer ? Le libéralisme est-il le meilleur garant de la liberté ? Ou bien faut-il le combattre pour en disposer ? L’anti-libéralisme est-il opposé à la liberté ? Ou bien, au contraire, tente-t-il de la rétablir ?

Fidèle à ses principes, l’UPA proposera à ses auditeurs beaucoup mieux que des solutions ou des doctrines prêtes à porter : des réflexions ; des apports, des rappels ou des interprétations différentes de connaissances visant à mieux baliser le terrain et à nous aider à exercer notre esprit critique sur cette question.

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Principes d’organisation de cette série de cours sur la Liberté

Les séances de cours sur la liberté auront lieu a priori tous les mardis soirs de 18h30 à 19h40, dans l’amphithéâtre AT06, Site Sainte Marthe, Université d’Avignon, bâtiment moderne.

Nous allons tenter d’organiser les cours sous la forme de 7 ou 8 séries de 4 séances :

  • 3 séances consécutives de cours stricto sensu… 50mn de cours + 20 mn de questions du public et réponses de l’intervenant, afin de clarifier certaines idées et certains concepts exposés durant la séance.
  • …systématiquement suivies d’1 séance entièrement consacrée à une discussion et un débat avec le public sur les 3 cours précédents : lors de ces séances un peu particulières, on peut recueillir les questions et/ou commentaires du public sous la forme écrite (courriel ou papier) pour que les plus timides et les absents puissent aussi s’exprimer. L’intervenant sera dans la salle, mais ce n’est pas obligatoirement à lui de répondre systématiquement : un débat peut s’instaurer entre les auditeurs eux-mêmes. On désignera pour ces séances un animateur – modérateur, qui sera chargé de la distribution de la parole mais aussi de lire les messages écrits. Dans la mesure du possible, il serait intéressant que l'animateur-modérateur soit issu du public, qu'il change à chaque thème (afin d'impliquer davantage les auditeurs), qu'il s'abstiennent d'intervenir lui-même lors de cette séance et, pour lui faciliter la tâche, de préciser quelques règles : à chaque intervention, question courte, unique si possible...

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Présentation du thème de la série de cours consacrée au théâtre

L'UPA met en place un cours sur le théâtre pour l'année 2006-2007. Le programme devra permettre de donner aux néophytes des points de repères pour (mieux) comprendre le théâtre aujourd'hui. Pourquoi s'intéresser au théâtre à l'Université populaire ? Pas simplement parce que nous sommes à Avignon, cité qui rassemble chaque été près de 900 spectacles en plus d'une centaine de lieux.

Mais aussi parce que le théâtre est un des lieux de naissance de la conscience collective. Dans cette mesure, il nous concerne tous, que nous le sachions ou pas. Il a à voir avec la démocratie. Il est politique, au sens où il donne l'occasion de faire entendre les voix collectives. Le caractère provisoire de la représentation renforce son pouvoir d'attraction. Au moment où elle a lieu, la "convocation théâtrale", pour reprendre une expression de Jean-Christophe Bailly, engage en effet totalement et conjointement le public et la parole.

Parce que cet art pourrait être envisagé comme une entrée parmi d'autres pour réfléchir à la place accordée à la culture dans notre société. Depuis l'origine, depuis les Grecs, le théâtre s'adresse à ses contemporains. Aujourd'hui, le théâtre peut contribuer de manière pertinente à replacer les pratiques artistiques auprès des citoyens et à nous interroger sur l'évolution de la culture (privatisation, inégalités dans l'accès à l'éducation, intermittence, création et droits d'auteurs, etc...).

Parce que le théâtre participe à ce qu'on peut appeler l'éducation populaire. Il serait intéressant d'examiner divers outils et expériences d'une transmission réussie du patrimoine théâtral afin devoir comment se concilient exigence artistique et "action sociale". Les exemples ne manquent pas, qu'il s'agisse de spectacles à l'attention du jeune public ou de la médiatisation de représentations pour des auditoires variés (théâtre filmé, télévisé...) ou encore de mesures telles que la politique tarifaire, la décentralisation, la diffusion en milieu rural... Dans ce cadre, on ne manquera pas d'appréhender l'importance du public dans sa dimension plurielle et de suivre l'évolution des spectateurs.

Parce que le théâtre constitue un élément essentiel de la formation de tous (théâtre à l'école, école du théâtre, etc...).

Parce que le théâtre est ouvert à des esthétiques multiples. Qu'il s'agisse du "théâtre du monde", du théâtre d'art, du théâtre de Brecht ou de Piscator, la variété des formes dramatiques travaille la langue. Les acteurs parlent et jouent suivant un "rituel" toujours renouvelé. Aborder le théâtre de et pour nos contemporains implique qu'on s'interroge sur les formes que prend le théâtre aujourd'hui.

Fidèle à ses principes, l’UPA proposera à ses auditeurs beaucoup mieux que des solutions ou des doctrines prêtes à porter : des réflexions ; des apports, des rappels ou des interprétations différentes de connaissances visant à mieux baliser le terrain et à nous aider à exercer notre esprit critique sur cette question.

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